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Natalizumab (Tysabri®) : Le PRAC (EMA) confirme le rôle des facteurs de risques de leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) déjà identifiés mais pas seulement.

Le natalizumab (Tysabri®) est autorisé selon une procédure centralisée depuis 2006 et indiqué en monothérapie comme traitement de fond des formes très actives de sclérose en plaques (SEP) rémittente-récurrente.

Son utilisation est associée à un risque accru de survenue de leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP), infection opportuniste causée par le virus de John Cunningham (virus JC). La présence des facteurs de risque suivants augmente le risque de survenue de LEMP :

  • présence d’anticorps contre le virus JC,
  • durée du traitement, particulièrement au-delà de 2 ans,
  • traitement immunosuppresseur avant un traitement par natalizumab.

Le natalizumab fait déjà l’objet d’un plan de gestion des risques et de mesures de minimisation des risques (résumé des caractéristiques du produit, guide de prescription, formulaires à l’instauration et pour la poursuite de traitement…), notamment concernant le risque de LEMP. Cependant, les données scientifiques sur le sujet évoluant rapidement, le Pharmacovigilance Risk Assessment Committee européen (PRAC) a débuté en mai dernier, à l’initiative de la Commission européenne, une revue des données disponibles sur le risque de LEMP afin d’évaluer si celles-ci ont un impact sur le rapport bénéfice/risque du natalizumab, les recommandations actuellement mentionnées dans le résumé des caractéristiques du produit, le plan de gestion des risques et/ou les mesures de minimisation des risques.

Le rapporteur et corapporteur pour cet arbitrage sont l’Allemagne et l’Italie.

Au vu des données disponibles, et après consultation d’un groupe d’experts et audition du laboratoire, le PRAC a conclu que les facteurs de risque de LEMP déjà identifiés sont confirmés. Cependant, un autre critère apparaît également important à prendre en compte : l’index reflétant le titre d’anticorps anti VJC. Les données actuelles suggèrent que le risque de LEMP est faible pour les index ≤ 0.9 et augmente de façon importante pour les index > 1.5 chez les patients traités depuis plus de 2 ans. Les patients à risque élevé de LEMP sont ceux :

  • présentant des anticorps anti-VJC, traités par natalizumab depuis plus de 2 ans et préalablement traités par immunosuppresseurs ou
  • présentant un index élevé d’anticorps, traités depuis plus de 2 ans mais sans avoir reçu de traitement immunosuppresseur préalable

Enfin, les patients avec un index d’anticorps faible et ne présentant pas d’antécédent d’utilisation d’immunosuppresseur, doivent faire l’objet d’une surveillance biologique de l’index tous les 6 mois dès les 2 ans de traitement par natalizumab atteints.

Considérant que plus précoce est la détection d’une LEMP (y compris à un stade asymptomatique), meilleurs sont sa progression clinique et son pronostic, une surveillance IRM plus fréquente (tous les 3 à 6 mois), en accord avec les recommandations nationales et locales et utilisant des protocoles simplifiés (par exemple en séquence FLAIR) doit être envisagée chez les patients à risque élevé de LEMP.

Le résumé des caractéristiques du produit, le plan de gestion des risques ainsi que les documents de minimisation des risques (guide prescription, formulaires…) seront sont mis à jour dans les prochaines semaines pour refléter ces nouvelles informations et recommandations. De même, une lettre aux professionnels de santé concernés sera envoyée dans le prochain mois.

Tysabri® étant autorisé selon une procédure d’enregistrement européenne centralisée, la recommandation sera discutée au Committee for Medicinal Products for Human Use (CHMP) qui adoptera une opinion, qui sera ensuite transmise à la Commission européenne pour décision finale.