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Rapport sur la consommation des antibiotiques en France en 2016.

Dans le cadre de ses missions de surveillance des médicaments, l’ANSM collecte, traite et analyse les données portant sur la consommation des antibiotiques et en publie régulièrement des synthèses qui retracent les évolutions observées depuis l’année 2000.

Le rapport proposé cette année inclut les consommations de l’année 2016.

La situation de la consommation d’antibiotiques en ville reste préoccupante avec la poursuite de la tendance à la hausse qui est observée depuis 2010. Entre 2015 et 2016, la consommation en ville a ainsi augmenté de 1,3 %, repassant au-dessus de 30 Doses Définies Journalières pour 1 000 habitants et par jour (30,3 contre 29,9 en 2015). Ce qui place la France très au-dessus de la moyenne européenne (21,9 DDJ/1000H/J). Quelques évolutions positives sont néanmoins enregistrées concernant la consommation des antibiotiques critiques (générateurs de résistances bactériennes) dont la part dans la consommation totale a légèrement diminué, passant de 36,5 % en 2015 à 35 % en 2016. En particulier, l’utilisation de l’association amoxicilline-acide clavulanique et celle des céphalosporines de 3e génération semblent désormais stabilisées, tandis que l’utilisation des fluoroquinolones a significativement diminué. En ville, deux prescriptions sur 3 l’ont été pour des affections ORL et des affections des voies respiratoires basses. La consommation d’antibiotiques à l’hôpital est pour sa part restée stable en 2016, tendance observée depuis une dizaine d’années. Dans ce secteur, la consommation d’antibiotiques en France est beaucoup plus proche de la moyenne européenne que dans le secteur ambulatoire.

Les données européennes, collectées par le réseau ESAC-NET, sont publiées par l’European Center for Disease Prevention and Control (ECDC). Un article récemment publié dans Eurosurveillance (publication de l’ECDC) par des représentants de plusieurs institutions françaises dont l’ANSM montre que l’indicateur standard, la DDJ/1000H/ jour, demeure le plus pertinent pour mesurer et comparer les consommations. Le nombre de boites, en revanche, se révèle être un indicateur moins approprié qui peut même conduire à des erreurs d’interprétation.

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