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Risque de syndrome de l’iris hypotonique peropératoire (SIHP) associé à un traitement par rispéridone ou palipéridone chez les patients devant subir une chirurgie de la cataracte.

En résumé

Il existe un risque de syndrome de l’iris hypotonique peropératoire (SIHP) au cours de la chirurgie de la cataracte chez les patients traités par rispéridone (Risperdal®, RisperdalConsta® LP, et génériques), par palipéridone (Invega® 1) ou par palmitate de palipéridone (Xeplion®).
• Comme le SIHP est associé à un risque accru de complications opératoires, il convient d’interroger les patients devant subir une chirurgie de la cataracte lors de la consultation pré-opératoire afin de se renseigner sur un traitement en cours ou antérieur à base de rispéridone, palipéridone ou palmitate de palipéridone.
• Les chirurgiens ophtalmologistes devront aborder cette chirurgie avec prudence. En cas de suspicion de SIHP des mesures appropriées pourront être nécessaires afin de maîtriser un prolapsus de l’iris pendant la chirurgie.

Informations complémentaires

La rispéridone et la palipéridone sont des antipsychotiques indiqués dans le traitement de la schizophrénie, le traitement des épisodes maniaques associés aux troubles bipolaires et de l’agressivité persistante associée à certains états psychiatriques.
Le SIHP est une complication peropératoire qui a été observée lors de la chirurgie de la cataracte. Ce syndrome se caractérise par une triade de signes peropératoires qui peuvent présenter des degrés divers de gravité :
• Un stroma irien flasque,
• Un myosis peropératoire progressif,
• Un prolapsus potentiel de l’iris vers les incisions de phaco-émulsification.
Le SIHP est associé à un risque accru de complications pendant et après l’opération de la cataracte, y compris une rupture de la capsule postérieure et une issue de vitré.
Des cas de SIHP associés à l’utilisation d’antipsychotiques ayant une activité antagoniste des récepteurs alpha1-adrénergiques, y compris la rispéridone, ont été rapportés dans la littérature.
Au cours du suivi de pharmacovigilance, une augmentation de la fréquence des notifications de SIHP avec l’utilisation de la rispéridone a été détectée. Une revue cumulative internationale a identifié six cas de SIHP rapportés avec la rispéridone, dont deux cas avec une relation plausible entre un traitement par la rispéridone et le SIHP. Dans ces deux cas, les patients n’avaient pas d’antécédent de prise d’autres antagonistes des récepteurs alpha1-adrénergiques et avaient reçu un traitement au long cours par la rispéridone. Ils ont présenté les signes typiques d’un SIHP au cours de l’intervention chirurgicale de la cataracte. Dans un des cas, une récidive de SIHP a été observée au cours de la chirurgie du deuxième oeil 4 mois plus tard alors que l’utilisation de la rispéridone était poursuivie.
La fréquence du SIHP avec l’utilisation de la rispéridone est estimée entre 1 pour 1 000 et 1 pour 10 000 patients (rare) sur la base des notifications après commercialisation. Aucune notification n’a été rapportée avec la palipéridone. Celle-ci étant un métabolite actif de la rispéridone, les informations et recommandations de cette communication lui sont également applicables.

Sur le risque de survenu de SIHP, le bénéfice potentiel de l’arrêt du traitement par rispéridone ou palipéridone, avant l’intervention chirurgicale de la cataracte, n’a pas été établi et doit être mis en balance avec le risque d’arrêt du traitement antipsychotique.

 1 Ce médicament n’est pas commercialisé en France à ce jour.