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Usage détourné de médicaments antitussifs à base de dextrométhorphane chez les adolescents et les jeunes adultes.

L’utilisation détournée de médicaments antitussifs à base de dextrométhorphane a été mise en évidence ces dernières années chez des sujets toxicomanes mais aussi chez des adolescents ou des jeunes adultes à des fins récréatives.

Le dextrométhorphane (DXM) est un dérivé morphinique antitussif d’action centrale indiqué chez l’enfant et l’adulte dans le traitement de courte durée des toux sèches et d’irritation. Commercialisé dans de nombreuses spécialités, il se présente sous différentes formes (sirop, comprimé, gélule, capsule, pastille et sachet-dose).

Son utilisation à des fins « récréatives » ou de « défonce » s’est développée ces dernières années en France chez certains polytoxicomanes mais aussi chez des sujets jeunes sans antécédent connu de toxicomanie. Cette tendance, également observée depuis quelques années aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens, a justifié l’ouverture d’une enquête officielle d’addictovigilance en 2012.

Ainsi, entre 2003 et 2008, 12 cas d’usage détourné ont été signalés, dont un décès, avec une moyenne d’âge de 30,5 ans (11-36 ans). Entre 2009 et 2013, 39 cas ont été signalés, avec une moyenne d’âge de 21,4 ans (11-49 ans). Dans quelques cas, cependant assez rares, l’usage abusif et détourné de ce médicament a conduit à une hospitalisation.

Devant des signalements de pharmaciens rapportant des demandes récurrentes de dextrométhorphane par des adolescents, le plus souvent sous forme de comprimés ou de capsules, et l’augmentation des cas d’usage détourné rapportés par le réseau d’addictovigilance, l’ANSM a attiré l’attention des médecins et des pharmaciens au printemps 2012 sur cette émergence de consommation chez les jeunes.

Du fait d’une augmentation du nombre d’abus depuis lors, une nouvelle information a été diffusée en septembre 2014 auprès d’un public de professionnels élargi. Une mise en garde a ainsi été adressée par l’agence aux pharmaciens, médecins généralistes, addictologues, pédiatres, médecins exerçant en milieu scolaire, en planning familial et en PMI, ainsi qu’aux professionnels exerçant dans les associations de prévention de drogues pour les jeunes.

Il est ainsi demandé à ces professionnels de santé :

  • d’être particulièrement vigilants face à toute demande de dextrométhorphane qui leur semblerait suspecte et émanant en particulier de jeunes adultes ou d’adolescents
  • de s’assurer que les patients n’ont pas d’antécédents d’abus, de dépendance ou de comportement qui pourrait supposer un usage détourné lors de la prescription ou de la délivrance de ces spécialités.

En cas de doute, le professionnel de santé devra prescrire ou délivrer un autre antitussif ou ne délivrer, pour les pharmaciens, qu’une seule boîte à la fois.

De la même manière, il est également demandé aux professionnels accueillant des jeunes dans des structures de prévention des drogues d’être vigilants face à toute constatation de consommation de dextrométhorphane paraissant suspecte.

Par ailleurs, à la demande de l’ANSM, les laboratoires commercialisant ces médicaments ont mis en place un plan commun de minimisation des risques développé sous l’égide de l’Afipa.