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Voriconazole et mesures de réduction du risque concernant en particulier les carcinomes épidermoïdes cutanés.

Des cas de cancers épidermoïdes cutanés ont été rapportés sous voriconazole en particulier chez des patients avec des antécédents de réactions phototoxiques. Par conséquent, en cas de survenue de réactions phototoxiques, un avis pluridisciplinaire doit être demandé ; l’arrêt du voriconazole et le recours à d’autres agents doivent être envisagés et le patient doit être adressé à un dermatologue, le traitement doit être le lus court possible ; une exposition au long cours (traitement curatif ou prophylactique d’une durée de plus de 180 jours) nécessite une évaluation attentive du rapport bénéfice/risque ; des mesures strictes de photoprotection sont nécessaires dans cette population de patients ; chez les enfants présentant des lésions de photovieillissement telles que des lentigos ou des éphélides, il est recommandé d’éviter de s’exposer au soleil et d’effectuer une surveillance dermatologique, même après l’arrêt du traitement. Tous les patients, y compris les enfants et leurs parents ou soignants, doivent être informés qu’ils doivent éviter de s’exposer au soleil pendant le traitement par voriconazole et prendre des mesures ppropriées telles que le port de vêtements et l’utilisation d’un écran solaire avec un indice de protection (IP) élevé pour se protéger.

Le voriconazole, disponible sous forme orale ou injectable (Vfend® et génériques), est un antifongique triazolé à large spectre indiqué chez les adultes et les enfants âgés de 2 ans.

Il est associé à des risques de phototoxicité, cancers épidermoïdes cutanés (CEC) et d’hépatotoxicité.

L’évaluation de ces risques a conduit, en avril 2014, à mettre en place les mesures additionnelles de réduction suivantes :

  • Pour les patients :
  • une carte remise par le prescripteur, pour les alerter et les informer sur les mesures appropriées afin de réduire ces risques.
  • Pour les professionnels de santé (hématologues, infectiologues,centres de transplantation, centres de ressources et de compétences de la mucoviscidose (CRCM)) :
  • une brochure de questions/réponses détaillant les recommandations pour la surveillance et la prise en charge de ces risques ;
  • un document d’aide au suivi des patients traitée par voriconazole.

Une enquête du laboratoire Pfizer, réalisée auprès d’environ 300 médecins dans 10 pays européens, dont la France, a montré que plus de la moitié des prescripteurs ayant répondu à cette enquête n’avaient pas connaissance du risque de CEC alors qu’environ plus de 90% connaissaient les risques de phototoxicité et d’hépatotoxicité.

Les documents de réduction du risque des spécialités à base de voriconazole ont été validés par l’ANSM et sont disponibles auprès des firmes commercialisant ces produits.